11 Novembre 2010
Commémoration de l'Armistice de 1918

 

         
Discours de Mr Hubert Falco, secrétaire d’état à la défense et aux anciens combattants
Lu par MR Michel Nardin, Maire d'Angeot

 
Le 11 novembre 1918, au son des clairons sur la ligne de front et des cloches des églises dans toutes les villes et les villages de France, prenait fin le plus terrible conflit que l'humanité ait connu jusqu'alors et dont personne n'imaginait alors qu'il ouvrait un siècle marqué par le retour de la barbarie et de l'inhumanité au cœur même de la civilisation européenne et dans le monde.

L'armistice signé dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, quelques heures auparavant, scellait la victoire si chèrement acquise de la France et de ses alliés sur l'Empire allemand, tombé deux jours plus tôt.

 

Cette Première Guerre mondiale, qui devait être la « der des ders » la mémoire collective l'a retenue sous le nom de Grande Guerre, non pas pour en magnifier le souvenir, mais parce que son ampleur inédite, la violence extrême de ses combats, la puissance destructrice employée et le nombre de morts, de blessés, d'invalides et de « gueules cassées » qu'elle provoqua ont marqué à jamais notre conscience nationale.

Aucune famille, aucun village, aucune ville ne furent épargnés par la douleur et le deuil. Deux ans après la fin de cette tragédie, la Nation a souhaité rendre hommage à tous ceux qui souffrirent, parfois au delà de toute mesure durant cette terrible épreuve.
Pour que le pays tout entier n'oublie jamais le sacrifice de ses enfants, le corps d'un soldat français non identifié, « petit soldat glorieux et anonyme » choisi au hasard parmi les Poilus morts pour la France, et les symbolisant tous, fut placé dans une chapelle ardente dressée dans l'Arc de Triomphe. C'était il y a quatre-vingt-dix ans, le 11 novembre 1920.
Selon la belle formule d'Henri de Jouvenel : « c'est lui, l'inconnu, l'anonyme, le simple soldat, qui donne tout son sens à l'Arc de Triomphe ».

 
 
Ce corps fut inhumé sous la Salle Sacrée le 28 janvier 1921. Et depuis le 11 novembre 1923, sans interruption, la Flamme du souvenir brille à ses côtés, ravivée chaque soir, sur la Dalle Sacrée.
Célébrée tous les ans dans l'ensemble des communes de France, la journée nationale du 11 novembre, dénommée « fête de la Victoire et de la paix » par la loi du 24 octobre 1922, reste la plus emblématique des commémorations car elle symbolise par excellence le sacrifice pour la France de ses enfants.
 
En 1940, alors que la France était en souffrance, abasourdie par sa défaite, coupée en deux, en partie occupée, alors que l'engagement dans la France Libre ou dans les prémisses de la résistance intérieure étaient encore affaire d'individualités aussi remarquables que peu nombreuses, c'est le 11 novembre que se leva, sur le territoire métropolitain, le premier écho populaire à l'appel historique du Général de Gaulle lancé le 18 juin depuis la radio de Londres.
 
Ce 11 novembre 1940, des milliers de Français décidèrent de témoigner leur opposition à l'occupant et à la politique de collaboration que voulait mener le gouvernement du Maréchal Pétain. Ils le firent en rendant hommage à leurs aînés de 1914-1918.
A Paris, tout au long de la journée, quatre à cinq mille lycéens et étudiants bravèrent l'occupant pour aller déposer des centaines de bouquets et plusieurs gerbes sur la tombe du Soldat Inconnu.
En province, bien d'autres Français, célébrèrent individuellement ou collectivement la signature de l'Armistice de 1918. Ils le firent chacun à leur manière, en hissant un drapeau tricolore sur la cathédrale de Nantes, ou en arborant modestement à la boutonnière une croix de Lorraine, signe de ralliement des Français libres...
Dans les années trente, la commémoration du 11 novembre était l'occasion de se recueillir et de rendre un vibrant hommage aux morts de 1914-1918. Pendant l'Occupation, elle devint un symbole porteur des valeurs de la Résistance.
Aujourd'hui, elle incarne l'espérance européenne et la réconciliation franco-allemande, vecteurs d'une Europe en paix, unie, solidaire et forte.
Elle est aussi l'occasion de rendre hommage, sous l'Arc de Triomphe comme devant chaque monument aux morts, à nos soldats qui font aujourd'hui encore le sacrifice de leur vie pour la paix et la liberté dans le monde.
« Tu iras honorer le soldat inconnu ». Le mot d'ordre des étudiants et lycéens du 11 novembre 1940 demeure, par delà les générations, l'un des plus beaux commandements de notre République.
 

Allocution de Hugues DALLEAU, Président Général de l'U.N.C, Union Nationale des Combattants,
lue par Mme Annette Nass,

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Aujourd'hui, 11 Novembre 2010, nous commémorons le 92ème anniversaire de l'armistice qui reconnaissait la victoire de la France et de ses alliés sur l'Allemagne du Kaiser. Il mettait un terme à la grande guerre, une terrible hécatombe, qui a fait plus de 8 millions de morts et que les survivants, persuadés qu'une pareille folie ne se reproduirait pas, appelèrent la der des ders.
Les « Poilus » étaient revenus de cette guerre pensant que leurs sacrifices n'étaient pas vains et qu'allait désormais s'ouvrir, grâce à eux et à leurs camarades morts pour la France, une ère nouvelle de paix et de liberté dans laquelle ils pourraient, ainsi que leurs enfants, vivre en citoyens libres et responsables.
 
      
Hélas, ce n'était qu'un rêve sans lendemain : 21 ans plus tard, en septembre 1939, Hitler et les nazis, animés par leur esprit de revanche et leur soif d'hégémonie, déclenchaient la seconde guerre mondiale, qui s'étendit aux cinq continents et fit beaucoup plus de victimes que la grande guerre.
Cette fois-ci encore il s'agissait pour les pays occidentaux engagés aux côtés de la France de défendre la démocratie et la liberté, mais l'exemple avait été donné par nos aînés de 14/18 et il fut bien suivi, la leçon de civisme et de défense du territoire ayant été retenue.
    
Certes, il n'y a plus aujourd'hui de survivant de ces vaillants combattants de 14/18. Le dernier nous a quittés en 2008. Raison de plus pour commémorer aujourd'hui, en leur honneur, cet anniversaire du 11 Novembre 1918.
Mais nous leur devons bien davantage encore : maintenant que le dernier d'entre eux a disparu, il est temps de faire du 11 Novembre une « Journée Nationale de la Mémoire et du Souvenir ». La France entière rendrait ainsi, ce jour-là, l'hommage qui leur est dû à tous ces soldats qui, depuis des siècles, sont «morts pour la France » sur tous les théâtres d'opérations. Cette journée serait symbole de l'attachement des Français à leur Patrie et de leur volonté de la défendre.
Aujourd'hui, nous disons donc merci à nos glorieux anciens. Merci à tous ceux qui ont défendu la France, les armes à la main. Merci aussi à ceux qui sauront reprendre le flambeau et manifester, par leur esprit civique et leur patriotisme, leur volonté de rester unis autour de nos trois couleurs pour défendre les valeurs que la France a toujours incarnées en Europe et dans le monde.
Le 11 Novembre est un jour du souvenir ; il doit être aussi un jour d'espérance et d'engagement pour que vive la France au sein d'une Europe unie, apaisée et fidèle à ses valeurs.
 
     

Message de l'Union française des associations de combattants et de victimes de guerre (UFAC)

Lu par Mr Laurent  TOMACKI , Président du comité départemental du Territoire de Belfort de la Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA)

    
De la ”Grande Guerre”, bientôt centenaire, qui modifia considérablement et définitivement le cours de l’Histoire ne nous reste plus aujourd’hui que des sites, des objets, des documents... Ils sont très nombreux, qu’ils soient exposés, édités ou présentés dans des musées. Souvent aussi, ils sont conservés par les familles, témoins à charge précieux et irremplaçables sur l’atrocité de cette sombre période.
Leur présence restitue la brutalité de cette guerre gravée en chacun de nous, car chaque famille a été à tout jamais marquée par cette horrible “boucherie”. Et pourtant de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer les conséquences prévisibles de cette tragédie et souhaiter que la paix s’installe durablement.
Commémorer aujourd’hui l’Armistice de 1918, c’est honorer nos soldats “Morts pour la France”, c’est se souvenir des millions de victimes civiles ou militaires, c’est témoigner de la nécessité de construire un monde de paix.
Une lettre (témoignage recueilli par Jean-Pierre Guéno et paru dans ‘Mon papa en guerre” - édition Librio -) parmi tant d’autres, celle du soldat Martin Vaillagou, écrite du Front le 26 août 1914 à ses deux fils, nous fait partager, par sa citation, la volonté qu’ont eue les Anciens combattants de cette guerre et de leurs associations, pour qu’elle soit “la der des ders”.

 
“Mes chers petits,
du champ de dévastation où nous sommes, je vous envoie ce bout de papier avec quelques lignes
…Vous travaillerez toujours à maintenir la paix et à éviter à tout prix cette horrible chose qu’est la guerre. Ah! La guerre, quelle horreur !....
Villages incendiés, animaux périssant dans les flammes. Êtres humains déchiquetés par la mitraille : tout cela est horrible. Jusqu’à présent, les hommes n’ont appris qu’à détruire ce qu’ils avaient créé et à se déchirer mutuellement.
Travaillez, vous mes enfants, avec acharnement à créer la prospérité et la fraternité de l’univers.
 …Votre père, qui du front de bataille, vous embrasse avec effusion.”
L’Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre (UFAC considère que seule la négociation est en mesure d’éviter ou de résoudre les conflits et s’oppose à tout recours aux armes.
Elle continue à agir résolument et avec persévérance pour la Paix et à œuvrer en ce sens avec les générations nouvelles.
         
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